Des débuts difficiles
Dès 1900, le Lo grandissait si vite qu'on parlait d'une paroisse propre. La fabrique d'église possédait un terrain idéal au coin de la Zaventemsesteenweg et de la Loostraat, mais le vendit en 1898 à la commune pour y bâtir une école. En 1911, le curé Meeus acheta une autre parcelle plus haut dans la Loostraat. Le conseil communal n'était guère favorable à une nouvelle église, et la paroisse ne vit le jour qu'en 1926. Egidius Davidts, né à Haren le 17 juin 1886, s'installa à Diegem le 30 novembre 1926. Il choisit pour patronne Notre-Dame des Sept Douleurs, en souvenir d'une petite chapelle de ce nom qui s'était dressée jadis sur le Lo et avait disparu.
Pour financer la construction, la paroisse vendit 2 hectares de terres à Machelen et une parcelle à Diegem, pour un total de 507 500 francs ; la commune promit 54 000 francs. L'entreprise bruxelloise De Vuyst-Lefevre obtint le chantier pour 502 000 francs. Des bénévoles amenèrent avec chevaux et charrettes des centaines de chargements de pierre blanche, jusqu'à plus de 1 200 m³. La première pierre fut posée le 5 juillet 1928, et le 9 septembre 1928 l'évêque auxiliaire De Wachter présida la pose solennelle de la première pierre.
Une petite église moderne
La nef mesure 24 mètres sur 13, et la tour atteignait à l'origine 28 mètres. À l'intérieur, des arcs ronds remplacent les piliers ; ils semblent rapetisser vers l'avant et aboutissent à l'arc derrière l'autel, qui attire ainsi tous les regards. Le moellon brut n'est pas posé en assises régulières mais en tous sens, comme dans les plus anciennes églises romanes du Brabant. Davidts était aussi en avance sur le plan liturgique : l'autel était détaché du mur du fond, si bien que le prêtre pouvait faire face aux fidèles, trente ans avant que le concile Vatican II ne le généralise. En 1929, le bâtiment passait pour la plus moderne des nouvelles églises du diocèse.
Le sculpteur Paul Stoffyn, né à Bruxelles en 1884 et connu pour des œuvres comme « Le Fondeur » (1920) et « L'Accordéoniste » (1923), put ici déployer pleinement son art religieux. En façade, sous une grande croix de pierre, se dresse sa sobre Mater Dolorosa, qui fait corps avec l'architecture. De part et d'autre de l'entrée, des reliefs montrent des paysans et paysannes apportant leurs offrandes à l'église ; la clé de voûte porte une vigne et des épis de blé. À l'intérieur, il réalisa le chemin de croix (1931-1934), un grand panneau rond de la Sainte Trinité au-dessus du maître-autel et des têtes en bois du Christ et de la Mère des Douleurs.
Cloches, orgue et presbytère
La fonderie Michiels de Tournai coula deux cloches : Maria, d'environ 500 kg, et Egidius, d'environ 300 kg. L'orgue venait de l'église Notre-Dame de Cureghem et coûta 20 000 francs. En 1934 vinrent le marbre du chœur et de nouveaux confessionnaux, et en 1935 un paroissien offrit une troisième cloche de 675 kg. Comme la commune tardait à bâtir le presbytère, Davidts fit construire en 1928 une petite maison provisoire à gauche de l'église pour suivre les travaux de près ; le vrai presbytère, à droite de l'église, fut construit en 1929-1930.
Guerre et restauration
Le 26 avril 1943, l'administration allemande de l'aérodrome de Melsbroek annonça que la tour devait être en partie démolie. Le 6 mai, six ouvriers descendirent la croix de la tour, et le 17 mai deux cloches furent enlevées ; elles ne revinrent jamais. L'église subit encore des dégâts lorsqu'une bombe tomba à 12 mètres du chœur le 7 septembre 1943, lors du bombardement de Melsbroek le 15 août 1944 et quand les Allemands en retraite firent sauter l'aérodrome le 3 septembre 1944. En 1951, la croix revint, mais la tour resta bien plus basse : en 1953, la Régie des voies aériennes n'autorisait que 21 mètres. Les projets de vitraux de Felix Tuyaerts avaient été perdus. Le 4 avril 1965, deux nouvelles cloches furent bénites, Franciscus et Le Bon Pasteur, fondues par Sergeys à Louvain.
Les curés du Lo
Davidts resta jusqu'en février 1940 et devint ensuite curé, puis doyen de Tervuren. Son successeur Jan Frans Paesmans, né à Dworp en 1889, fut installé le 17 mars 1940 et fonda cette année-là une congrégation mariale pour jeunes filles. Le 25 juin 1967, il eut un accident en revenant de la procession de Machelen ; il mourut le 31 mars 1968. Camille Houbrechts, assomptionniste originaire d'Alken, arriva en août 1968 et mourut le 20 juillet 1973 des suites d'un accident de la route au carrefour de la Luchthavenlaan et de la Woluwelaan. En septembre 1973 lui succéda le père Jos Dehaes, qui avait été missionnaire aux Philippines pendant trente ans.
Le 5 septembre 1976, la paroisse fêta son cinquantenaire ; Isidoor Soetemans, membre du conseil de fabrique depuis cinquante ans, fut mis à l'honneur. Le 23 septembre 1979 suivit la célébration des cinquante ans de l'église. Davidts, âgé de 93 ans, vint encore admirer « l'œuvre de sa vie », concélébra la messe et monta en chaire comme autrefois. La chorale de Diegem chanta, avec Jozef Willox, déjà présent cinquante ans plus tôt. Une plaque commémorative en l'honneur du fondateur et de ses collaborateurs fut posée dans le porche.